Tauten


[CD] Tauten, deuxième édition - Octobre 2009

Infos sur l'album
• Album auto-produit - Octobre 2009
• Paroles & Musiques : Vale Poher
• Enregistré et mixé par Bob X
• Masterisé par
• Design pochette : Claude Bernier


 

Pourquoi ce titre...

Tauten … « tendre » en anglais. Dans le sens de tendre une corde. Je me souviens de cette interview vidéo de Jacques Brel, au coin d’un feu de cheminée. Il disait « la vie …c’est être raide ». J’ai regardé adolescente de nombreuses fois cette interview… Je voulais cet album post avril 2007 tendu d’un titre à l’autre. Sans moyen d’en sortir. Maintenir la tension, être sur la corde raide de Brel.


Les notes de création autour des titres de l'album :

1 - Aftermass : Une chanson au texte de révolte. Entendu à la radio quelqu’un s’exprimant à propos des luttes sociales « La sueur a-t-elle un poids ? Un prix ? » Je pensais à une chanson qui ferait écho Rage against the machine, aux Clash…avec un refrain que l’on pourrait tous reprendre ensemble. Ce refrain je le voulais porteur « there’s a crowd screaming inside me, how much sweat do we have to pay? » (il y a une foule qui crie en moi , combien de sueur allons nous payer?) Nous avons enregistré l’album au milieu de vinyles…il y avait Aftermath des Rolling Stones…j’en ai fait un jeu de mots entre Aftermath et Mass for this mess, titre de mon premier album Mute au texte tout aussi engagé.
2 -N102 : Je voulais essayer de faire une chanson avec peu de chants. N102, du nom de la nationale qui passait près de l’endroit où nous avons enregistré, fut celle là. Un ami musicien (Scalde) me montre comment fonctionne son dulcimer, je décide d’essayer d’accorder ma guitare de la même manière…et compose N102. La rythmique est une petite prouesse technique et inventive de Bob X qui a samplé une caméra. Sur scène, Emily à la batterie est arrivée à recréer cette rythmique N102
3 - Respite : Le sursis. Titre aux paroles faisant écho à Dominique A ou Brigitte Giraud ou les deux….Tout sera comme avant. Rien ne sera comme avant car tout sera comme avant. Une chanson d’amour sur la peur de la perte. Je voulais cette chanson courte, frustrante. Elle l’est à l’écoute. Elle l’est pour moi à jouer. Frustrante comme le temps qui manque. Rien n’a été comme avant. Après. respite
4 - Fantasy and dragonfly : Une des premières chansons composées de l’album. Des envies de gros sons. De retrouver des groupes aimés comme Interpol, Kings of Leon, Sonic Youth …. Une chanson d’amour. Placée volontairement après Respite. Sur le début de l’amour. Quand on croit voir la personne aimée dans tous les coins de rues. Le début de l’obsession. Avec une phrase que j’aime toujours chanter : « how come you’re in Spain, while you’re in my vein ». fantasy and dragonfly
5 -Peacemaker : Titre à l’origine écrit pour la pièce de théâtre de Vincent Roumagnac, Kostia, adaptation de La Mouette de Tchékhov. Les paroles font écho à l’état de Nina. Pour la pièce, j’ai décliné cette chanson en live sur la scène de différentes manières, jusqu’à l’usure. Il est parfois difficile de trancher : je ne sais pas si le titre sera lent, rapide, avec effet etc.…Mais cette expérience théâtrale m’a permis d’aller au bout de cette envie : jouer de toutes les manières possibles une chanson. Sans choisir. Sans avoir peur de passer à côté d’elle-même. peacemaker
6 - Raus : Chanson sur les excès. Sur la nuit. Quand il n y a plus de limite. Que la réalité est loin. Qu’on ne veut plus s’arrêter, qu’on ne veut pas rentrer, qu on ne veut plus que ça s’arrête. Titre cristallin. Je le vois étrangement toujours de couleur bleu. Petite réponse aux Smiths : « And if you’re falling on the floor, will you really drink more? » raus
7 -Polder : Titre écrit le lendemain du 7 avril 2007. D’un trait. Une réaction. J’avais lu cette définition d’un polder « gagner du terrain sur les zones troubles ». Polder donc. Je le voulais au départ en deux parties la colère/la révolte séparées en 2 tracks mais liées, la colère et la révolte sont finalement mélangées. Le début est un hommage à Working class hero, au Partisan de Cohen, la suite au Partisan d’Electrelane. J’aime tellement chanter ce texte. polder
8 - Brain in brine : Un texte noir. Tout est parti du texte. Sans illusion. De la difficulté à trouver sa place. De l’illusion qu’on donne, qu’on se donne. A en oublier l’essentiel. Je voulais que tout soit froid. La musique. Les paroles. Une lame blanche. « Time works for us, so lazy we are » brain
9 - Keep on thinking straight : Titre « Nine inch nailien » de l’album. Peut être un peu à part. Clin d’œil à une chanson de Jomi Massage. Texte sans illusion. La suite de Brain in brine. « I wonder how people do, will you tell me, will you ? » Titre rempli de nostalgie. Ne pas se fondre, ni se confondre. keep
10 - Undergo : Titre écrit suite à des lectures autour d’Hiroshima et Nagasaki. Undergo, subir. Il ne s’est rien passé. « Nous n’avons rien vu, rien senti ». Un titre sur l’amnésie américaine, « a lie in the sky », un mensonge dans le ciel. Et sur l’amnésie en général après des génocides. Les chants de la fin (faux ou pas)- « they won’t take our/your memories » Ils n’ont enlèveront pas notre/votre mémoire - viennent donner un visage humain. Une proximité. J’avais au départ l’idée d’une foule, clin d’œil au « fearless » de Pink Floyd dans Meddle. J’aime beaucoup cette idée qu’à la fin de la chanson, on ne sait plus comment elle a commencé. undergo
11 - Berlin : Berlin est pour moi la meilleure chanson que j’ai écrite. Elle fonctionne seule. Sans moi. Du texte à la musique, elle est entière. Un mur, des frontières qu’on ne voit pas toujours, là où elles sont vraiment. Le commerce de la mémoire. Des idées. Le film de Pialat « Sous le soleil de Satan » Le label « vit et travaille à Berlin ». La musique. En quatre moments. « Who’s gonna break the line ? »